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La clé dan out pos la taï dan mon sac!

Ha, Madame Desbassayns!

Elle a marqué l’histoire de La Réunion comme personne. Si elle jouissait d’une excellente dans La Réunion du XVIIIe siècle, il n’en est pas allé de même après sa mort. Mais qui était-elle, au juste?

Madame Desbassayns, c’était d’abord une femme richissime. Seule héritière de l’immense fortune de son père, et plus tard, de celle de son mari. À la mort de son époux, elle prend deux décisions : 1) elle ne se remariera pas, et 2) elle ne laissera à personne d’autre le soin de gérer son vaste domaine. Madame Desbassayns, c’était une femme de caractère!

Une femme de caractère, certes, mais c’était aussi une femme de cœur qui accueillait les pauvres et les nécessiteux de la région dans sa propriété du Bernica. Elle y soignait également les blessés anglais et français durant l’occupation de l’île par l’armée britannique. Le gouverneur l’aurait même surnommée la « seconde providence », et on raconte que le pape de l’époque lui aurait envoyé une lettre pour la remercier de ses bons et loyaux services envers l’Église.

Madame Desbassayns, c’est aussi une femme de son temps qui s’efforce par tous les moyens de développer l’île. Elle fait venir des scientifiques de métropole pour qu’ils améliorent les processus de production de sucre. La plantation de la canne est encore récente à La Réunion, et tout reste à faire pour en apprivoiser la culture.

Madame Desbassayns, c’est aussi une femme du monde. Elle aime recevoir les notables et les visiteurs de passage. Sur sa table recouverte d’une fine toile de Madras, sont servis, dans des plats en porcelaine de Chine, les mets les plus fins, parfumés de poivre, de girofle et de coriandre venus d’Orient. On y trouve également du vin qu’elle fait venir à grands frais de métropole, et comble du luxe en dessert, elle fait servir du sorbet à la mangue. Dans une île tropicale et à cette époque, du sorbet à la mangue…

Tout ce luxe et toutes ces mondanités nous feraient presque oublier les ombres noires qui s’occupent du service, et là dehors, de l’entretien du domaine.

À l’époque, plus de la moitié de la population de l’île est réduite en esclavage, et madame Desbassayns en compte à elle seule plus de 400.

Bien des choses ont été dites sur son compte. On a notamment raconté qu’après sa mort, sa maison se serait écroulée et qu’on aurait retrouvé dans les murs le sang des esclaves qui aurait servi à faire le mortier. On lui prête les pires crimes bien que les faits historiques montrent qu’elle n’était pas la plus cruelle envers ses esclaves. Ce n’était pas une enfant de chœur non plus, mais on peut s’interroger sur ce qui a fait qu’elle a enflammé les esprits après sa mort et qu’on l’associe aujourd’hui encore au volcan, au diable ou à Gran mèr Kal.

Je présenterai ce vendredi un conte que j’ai créé à partir de la légende de Madame Desbassayns.

Rendez-vous à la Quatrième Salle du CNA à 19h30!

À la demande générale : la vidéo du spectacle!

 

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