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Je suis tombée sur un billet ma foi fort intéressant d’Alexandre Gauthier : C’est pas du conte ce que tu fais.

C’est vrai qu’on ne peut pas sortir des sentiers battus sans rencontrer quelques épines, quelques obstacles, quelques personnes qui décrieront notre façon de faire, parce ce n’est selon elles pas comme ça que ça doit être fait.

Heureusement.

Heureusement qu’il y a des gens qui innovent, et heureusement qu’il y a des gens qui cherchent à la dissuader, je trouve que l’idée de braver un obstacle aide à relever un défi… S’il n’y a pas de barrières, au final, qu’est-ce qu’on relève?

Ça me fait penser à un petit conte de Nasredine :

Nasredine avait un fils adolescent qui était tellement complexé qu’il n’osait plus sortir de chez lui. « Les gens vont se moquer de moi » disait-il sans arrêt à son père qui lui répondait qu’il ne fallait pas écouter tout ce que disent les gens, car ils parlent souvent à tort et à travers. Comme il ne parvenait pas à faire entendre raison à son fils, Nasredine a un jour décidé de l’amener au marché.

Ils quittent la maison aux petites heures le lendemain matin. Nasredine sur son âne, et son fils marchant à ses côtés.

À l’entrée de la ville se trouvaient quatre marchands assis sur un banc. En voyant arriver Nasredine et son fils, ils s’exclament : « Voyez cet homme sans pitié! Il est bien installé sur le dos de son âne tandis que son pauvre fils doit marcher à pied! Pourtant il a bien profité de la vie, il devrait laisser la place aux plus jeunes! »

Nasredine se tourne alors vers son fils et lui dit : « Tu as bien entendu? Demain, nous retournerons au marché! »

Le lendemain ils quittent de nouveau la maison aux petites heures, mais cette fois-ci, c’est le fils qui est assis sur l’âne et Nasredine qui marche à ses côtés.

À l’entrée de la ville, nos quatre marchands sont encore là, et aussitôt qu’ils voient arriver le père et son fils, ils se mettent à commenter : « Regardez-moi cet enfant qui n’a aucun respect pour la vieillesse! Il est confortablement assis sur son âne tandis que son pauvre père doit aller à pied! Il n’y a plus de jeunesse! »

Nasredine se tourne alors vers son fils et lui dit : « Tu as bien entendu? Demain, nous retournerons au marché! »

Le troisième jour, ils sortent tous deux de la maison en tirant l’âne derrière eux. Et lorsqu’ils arrivent en ville, les quatre marchands sont stupéfaits : « Regardez ces deux imbéciles qui ont un âne et qui n’en profitent même pas! Ils marchent alors que tout le monde sait qu’un âne sert à porter les gens! »

Nasredine se tourne alors vers son fils et lui dit : « Tu as bien entendu? Demain, nous retournerons au marché! »

Le quatrième jour, c’est juchés sur le dos de l’âne qu’ils passent devant les marchands qui crient leur indignation : « Non, mais regardez-moi ces deux-là qui n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête! »

Nasredine se tourne alors vers son fils et lui dit : « Tu as bien entendu? Demain, nous retournerons au marché! »

Le cinquième jour, Nasredine et son fils arrivent au marché en portant l’âne sur leurs épaules. Les marchands n’en croient pas leurs yeux : « Regardez ces deux fous, il faut les enfermer! Ceux sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos! ».

Nasredine dit alors à son fils : « Tu vois, quoique tu fasses, il y aura toujours quelqu’un pour y trouver à redire, alors contente-toi de faire ce que tu as à faire et n’écoute pas tout ce que disent les gens! »

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