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Il s’en est passé des choses durant cette dernière semaine!. Dimanche dernier, au Musée québécois de culture populaire à Trois-Rivières, se tenait une rencontre organisée en partenariat avec les Services d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières et de Maskinongé. Une trentaine de personnes venues du monde entier ont répondu présentes pour venir parler de leur expérience, de leur relation à leur pays d’origine et à leur terre d’accueil, ainsi que de la question du choc culturel. On serait tenté de croire que le choc culturel se fait à l’arrivée, mais ce n’est pas forcément vrai. Le plus grand choc se vit bien souvent au retour, lorsqu’on retrouve son pays d’origine avec un nouveau regard.
Rencontre au Musée québécois de culture populaire à Trois-Rivières, le 24 avril 2016
Ce qui est souvent revenu dans la conversation, c’était l’envie de chacun de s’intégrer le plus rapidement, de devenir « un citoyen productif » et de vivre une vie normale. Et ce n’est pas facile. Il y a la barrière de la langue, bien sûr, mais aussi la différence de diplôme qui fait qu’on se retrouve à devoir s’orienter vers une nouvelle carrière, et dans certains cas, renoncer à la vocation de toute une vie. Mais ce que les participants ont mentionné à plusieurs reprises, c’était l’attachement non seulement au Québec, mais aussi à la Mauricie. Ils y ont trouvé la paix, le temps de voir grandir leurs enfants, l’envie de s’investir. Et d’y faire pousser de nouvelles racines.
Une très belle rencontre qui vient résonner avec des témoignages que j’avais glanés à Montréal avant de venir.
Le reste de la semaine a filé à toute allure. La présentation de mon projet avait lieu le jeudi soir au Rond Coin et il me restait encore du pain sur la planche pour être prête. Jérome Bérubé est venu m’aider à resserrer les dernières vis la veille. Le grand soir, on se rend au Rond Coin. J’ouvre la porte, la salle est déjà presque pleine et les gens continuent d’arriver, qui du village, qui des alentours, de Montréal ou même de Gatineau. Je ne me sens pas vraiment nerveuse. Fébrile plutôt. Mais je me sais entre de bonnes mains lorsque je commence à conter. Et l’histoire se déploie. Tranquillement. Fait ses premiers pas. Elle se tient debout. Elle marche. Elle s’élance pour être reçue à bras ouvert par un public tout ouïe. Et je me dis que c’est peut-être aussi un peu ça, La ruée vers l’autre.
Une très belle soirée qui s’est conclue par de belles réflexions et de grandes discussions avec certaines personnes venues me trouver à la fin.
La ruée vers l'autre_St-Elie_Pascal Aubut
Mafane, le soir du spectacle au Rond Coin, le 28 avril 2016
Le lendemain, je me suis repenchée un peu sur l’ensemble. Et c’est là que je me suis rendu compte à quel point ce que j’ai vécu ici se retrouve dans mes histoires. L’atmosphère du café n’est pas très différente de celle de l’échoppe du vendeur de thé. Le vieil homme de mon histoire a le même genre de présence qu’une personne que je croise de temps à autre. Le chemin emprunté par tel autre personnage pour fuir la guerre longe une rivière dont les rumeurs ressemblent à s’y méprendre à celles de la Yamachiche. Et la détermination avec laquelle les premières pousses percent le tapis de feuilles mortes n’est pas sans me rappeler la ténacité d’un autre de mes personnages.
Le séjour tire à sa fin.
C’est bizarre le temps.
On part un mois, on se dit qu’on aura le temps, ça s’égraine, ça s’accélère, ça défile à toute allure et c’est déjà la fin. Ça a duré une seconde et ça donne pourtant l’impression d’être parti un an.
Qu’on le calcule en seconde, en mois ou en année, tout ce que je sais, c’est que j’ai eu l’incroyable privilège d’avoir le temps de rêver, et que ça n’est pas prêt de s’arrêter.
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