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D’origine réunionnaise et issue d’une longue tradition d’immigrants venus de Maurice, de Madagascar, de Sicile, d’Algérie et de France, Mafane s’est d’abord intéressée au conte pour pallier le mal du pays. Elle a tout d’abord commencé par raconter des histoires de l’océan Indien, mais bien vite, le folklore a laissé la place à une plus grande quête d’identité.

Compte tenu de ses antécédents familiaux et de sa propre expérience, elle s’est bien vite interrogée sur la question du départ : qu’est-ce qui pousse quelqu’un à partir? L’instinct de survie? Le goût de l’aventure? La soif de liberté? Et lorsqu’on quitte un pays pour ne plus y revenir, quelle est la chose la plus précieuse qu’on emmène avec soi?

C’est en creusant ces questions que la conteuse s’est penchée sur notre relation à l’Autre dans la migration : quitter son lieu d’origine, c’est effectuer une course effrénée vers l’ailleurs, vers l’Autre, sans toujours bien savoir ce qui nous attend. Et c’est de cette course-là dont elle parle dans La ruée vers l’Autre.

L’un quitte son pays en guerre, une théière à la main; l’autre traverse la mer à la conquête d’un rêve impossible, une autre encore arrive sur une terre d’accueil où il lui faut se réapprendre, et un dernier, enfin, doit s’adapter en voyant son environnement se métamorphoser jusqu’à lui devenir étranger.

La ruée vers l’autre, ce sont quatre contes qui parlent de déracinement, de pertes de repères, de choc culturel, mais aussi de rêve, d’espoir, de résilience et de rencontres.

En ces temps incertains où l’on se défie de l’Autre, c’est pour montrer un visage de la migration différent de celui qu’on nous assène dans les médias que Mafane a choisi de monter ce projet. Ne pas s’arrêter aux chiffres anxiogènes, mais aller plus loin pour reconnaître l’humanité de l’autre et ne plus se laisser guider par la peur, pour ne plus restreindre nos choix à l’attaque ou à la fuite, et pour nourrir, enfin, une possibilité d’ouverture.

Ce spectacle a été présenté en deux versions : l’une avec un environnement immersif visuel et sonore qui demande certaines capacités techniques, et une autre, beaucoup plus simple, ne nécessitant qu’un micro-casque et un éclairage de base.

Le spectacle a bénéficié d’une résidence technique et a été présenté au MAI (Montréal, arts interculturels) en février 2017.

 

Dans la version immersive du spectacle, l’accent est mis sur la mise en scène pour revisiter l’espace scénique et permettre à la conteuse de se trouver tantôt au milieu du public et tantôt le contourner – afin d’éviter la dichotomie scène/public et donner à l’auditoire, tant par les histoires que par l’utilisation de l’espace scénique, le sentiment qu’on est tous dans le même bateau.

 

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